À peu près cent raisons pouvaient
Braver les inquiétudes ombrageuses
Pour expliquer en l'air des riens d'amour, des cinémas anglais,
L'écoute des mensonges d'Afrique radieuse...
Colle plaisait
Peut-être
À Cuspide
Et ses vieux riens d'un vieux grand vide.
Peut-être.
 
Sihal imaginaire ou bien
Volontaire contrée, azur ou pluie,
Incessant balancé des pommes de torpeur, tu viens,
Tu vas, indécis amoureux des soirs, des nuits,
Tisser des liens
Pour être
L'Aujourd'hui
De sommeils et d'éveils unis.
Peut-être.
 
Il et elle, il ou elle, uniques,
Dos à dos, poings fermés et loin d'eux mêmes,
Rêvent de l'idéal que ballottent les remous d'absences tragiques
Où s'abreuvent les coeurs nappés par le dilemme :
Cette Afrique
Vit naître
Un afflux
De faux miracles trop voulus.
Peut-être.
 
Eh quoi ? Que peuvent-ils offrir
De leur grande et misérable souffrance
Si ce n'est l'oublier entre un coquillage et les sablonneux saphirs
Des marées de Sihal et de l'inappétence ?
Que lui dire ?
L'omettre ?
Toi !... Cuspide
Aux yeux flânant près d'un parc vide ?
...Peut-être.
 
Ô terre dure, tisanes vertes,
Mur ! Mur blanc des valses vierges, miroir
Des ondelettes incantatoires, d'un trait noircies, hurlant l'alerte :
Au secours ! L'envoûteuse se gonfle au parloir !
À sa perte,
Peut-être,
Va Cuspide,
Contemplant la peur des questions acides.
Peut-être.

Sihal, 18 mai 1992