Tant que ton souffle chaleureux ensablait
mon silence béat,
j'étais heureux, je respirais
tes embruns délicats.
 
Maintenant, Mercure, hélas le ciel est lourd.
L'air est abscons, présent,
mais dans un coma sans retour.
Et moi, j'attends le vent.
 
J'attends qu'un néant se mette à se mouvoir,
Qu'un mi-rien mi-défait
se mette un peu à m'émouvoir.
Et puis je te verrai,
 
Et puis j'aspirerai les sels de ta langue.
Je fendrai mon thorax
où tu prendras mon coeur exsangue
dans la liqueur d'anthrax.
 
Puis vaincue et repue tu repartiras
avec le vent suivant.
Avec le temps, tu reviendras
Sur un néant volant.

Sihal, 13 novembre 2002