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Ah !.. La belle saison !
Les voilà, ils arrivent
Chantant, niais et brouillons,
Les prés verts et la grive.
Pour la page d'accueil
Du torchon communal
Ils versifient la feuille,
La tige et le pétale.
Banalités, vacarme
Autour de mièvreries !
Flore ou viande de Parme
Demain seront pourries.
Ainsi leur grand cerveau
Que l'on croit de poète
N'est que sac de terreau
Et bulbes qui végètent.
La fleur, Arthur Arthur,
T'a je crois bien fait rire ?
La mer prend les peintures ;
La fleur... la fleur est pire.
Dessinateurs de plages
Et gratteurs de papier
Plaisent aux bons ménages
Et aux vieilles poupées.
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Et les gens, vifs ou bêtes,
Ont de simples idées.
Je dis "Je suis poète" :
On cherche mes bouquets.
Pour vous je n'ai, madame,
Pour hausser vos tétines
Fanées en hologrammes
Qu'une flaque d'épines.
Et pour toi fille austère,
Grimoire d'araignée,
Je creuse et creuse en terre
Des immenses saignées.
Ensemence les germes,
Sucrantes chrysalides
De belles angiospermes :
Elles naîtront livides.
Et puis... j'aime pourtant,
Aux belles signées d'eau,
Glisser des ornements
Prompts à faner leurs maux
Qui, ouvrage achevé,
S'effacent humblement
Dans un lit coloré
Pour des yeux en diamant.
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