Olympe un neuf neuf deux

Avez vous des ailes coureurs sous la lune ?
Avez vous du sel sur le coeur sous la dune ?

Ou du sang de reptile
Qui fuse sur l'argile
Sêche rêche et sans chair
Et ride le désert

À l'été des tropiques aveugles
Où le buffle agonisant beugle
Écorchant les corps chauds des vautours




Qui trop près de sa corne de sourd
Traînent l'aile ? Ô coureurs sous la lune
Au vieux lac à la vieille lagune

Un oisillon tend son bec aux cieux
Puis entonne un poème obséquieux

Pour que tombe et retombe en sa gorge
L'eau tiédie de l'orage des forges
Où rougeoient haut et bas sous les arbres
Le céleste et la pierre macabre


Car ton doigt planté dans ton sourire
Ô coureuse au flanc du Grand Empire


Engloutit l'Olympe et son métal
Sous l'or de tes lunes ancestrales



Texte Hervé Châtelier - avril 1992

Photos originales David Claes (sauf l'oiseau) et transformées avec plus ou moins de bonheur par moi-même.

(Publié dans Le damier)