"L'autre sème et vendange en l'autre un sentiment évaporé.
"Et moi qui, désert, suis si peu,
"Vainement expose le nôtre en soleil à ceux
"Qu'aucun n'adore plus.


"Mais pour quel port m'attardè-je toujours à plaindre sans relâche
"Toutes ces âmes non heureuses ?
"Enfin je puis t'aimer sans scrupule ou gêne honteuse,
"Toi que j'ai tant voulue."



Là, sur cette place bercée de photons nageurs et changeants,
Je cours et monte sur des pages
Jonchées de pensées pour personne, qui me soulagent
Et sont bêtes et crues.


Car l'horloge des sorts ancre ma quête d'espace et de temps.
Ô grands volcans îliens, ma vie
Raccommode à vos pieds cernés de temples assis
La Pangée décousue.

"Puis vinrent une volière empreinte d'un sombre manteau bleu,
"Un silence d'humbles couleurs,
"Et tes larmes que j'ai bues pour étouffer mes pleurs :
"Hier ne t'a plus vue."



Le long de moi elle mourut et triste je perdis ses yeux.
Mais un matin, tout l'Orient
S'étourdira de regards qui se passionnent tant
D'un Chef-d'oeuvre absolu.

"Les Manipulations", 7 octobre 1992