Comme c'est bizarre...

Microméga...

Grossouvria

...ou "Quand je fais des apophyses, je fais des apophyses".

Microconque (indiscutable) et... Mégapophyses. Pour la longueur, j'ai d'abord craint une fantaisie de fossilisation, alors je suis allé voir de l'autre côté. Il y a la même, un peu plus longue car moins usée. Il y aussi une soeur, ou plutôt un frère, qui, s'il n'a pas fait d'aussi encombrantes apophyses, s'est rattrapé sur les noeuds paraboliques.

Pas l'esprit de sous-famille...

Hildiceras bifrons pathologique

Bien sûr, si vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est un Hildoceras bifrons, cette bizarrerie vous laissera sur votre faim. Il s'agit pourtant d'une des ammonites les courantes, les plus connues, et l'une des plus anciennement décrites (Lister, 1678 !). Elle est normalement pourvue d'un ventre à 3 carènes (le ventre étant aux ammonites ce que la bande de roulement est aux pneus...), comme tous les membres de sa sous-famille, les Hildoceratinae.

Or, ici, le ventre est arrondi et les côtes, exagérément rétroverses, le traversent sans interruption, parfois en s'émoussant un peu, tout en passant sur un faible bourrelet.

On peut imaginer qu'il s'agisse d'une pathologie de l'embryon ou, le plan d'organisation à symétrie bilatérale étant préservé, d'une mutation génétique sans descendance ayant affecté cet individu.

Brisure de symétrie

Brisure de symétrie

À l'inverse, cet Homoeoplanulites du Callovien inférieur de la plaine de Niort, assez platycône, présente deux faces totalement disymétriques. L'origine en est peut-étre une blessure, mais elle est difficle à déceler.

La face classique est régulièrement ornée de côtes primaires espacés, plus fortes sur la partie inférieure du flanc. Les secondaires, une ou deux par intervalle résultent d'une bifurcation ou d'une intercalation. Sur la loge d'habitation, l'épaulement ombilical porte quelques renflements : des "bavures" venant de l'autre face...

La face pathologique, très désordonnée, est complètement ornée de côtes simples très denses, rétroverses, alternant irrégulièrement avec de forts renflements. Cette ornementation est visible des les tours internes, où l'on peut aussi observer quelques constrictions. Au début de la loge d'habitation, trois très forts renflements se succèdent, puis aucun n'apparaît plus par la suite.

Pseudo-cicatrisée

Pseudo-cicatrisée

Encore un Homoeoplanulites (enfin... peut-être) du Callovien inférieur de la plaine de Niort. Il est plus épais que le précédent et à section subrectangulaire. Mais ce dernier caractère est peut-être dû aux séquelles laissées par une blessure exogène nettement visible. À partir de ce stade, les côtes latérales de la face figurée deviennent franchement rétroverses alors que les côtes ventrales issues du flanc opposé se récurvent également à l'approche de la "cicatrice", cet effet se répercutant dès la mi-hauteur du flanc. Mais attention aux confusions : à part à l'endroit de l'impact, il ne s'agit pas d'une cicatrice, mais d'une malformation de la coquille secrétée par un manteau endommagé.

Acanthoursin

Acanthoursin

Ici, pas vraiment une bizarrerie, mais une association sympathique où se rejoignent le monde des échinologues et celui des ammonitologues. Cet Acanthoceras rhotomagense de la Sarthe (Cénomanien moyen) héberge en son coeur un petit oursin Discoides subuculus.

Acanthoceras teratomagense sp. nov.

Acanthoceras teratomagense

Si je n'avais pas trouvé cette ammonite dans une couche d'où j'ai vu sortir des dizaines d'Acanthoceras rhotomagense, j'aurais pu croire à la découverte d'une espèce non décrite. En effet, bien qu'assez anarchique, l'ornementation reste... disons... crédible, à l'exception de la disymétrie du ventre. Mais, rien de plus simple que d'attribuer cette dernière à une déformation. Cependant, son processus serait assez inhabituel pour le gisement. Qui plus est, les dernières côtes semblent vouloir reprendre une livrée d'Acanthoceras rhotomagense (dommage qu'il manque un bout de ventre). Il est donc fort probable d'être ici en présence d'un individu de cette espèce affecté d'une étrange pathologie.

Ammonhuître !

Ammonhuître

Cette petite ammonite trouvée dans des marnes du Toarcien supérieur des Deux-Sèvres est tout bonnement sculptée dans une coquille d'huître ! D'ailleurs, c'est plutôt un fossile de valve d'huître... Cette dernière aurait-elle réalisé un moulage dans une empreinte laissée sur le rocher par une ammonite qui était déjà un fossile du vivant de l'huître ? C'est l'explication que j'avançais.

Mais, la vérité se trouve dans une particularité de l'ontogénèse de l'huître. Première chose troublante, il s'agit ici d'une valve droite, celle qui sert d'opercule et ne se fixe jamais sur le rocher. Il apparaît qu'elle ait tendance à reproduire la forme de la valve gauche qui, elle, devait bien être collée à l'ammonite. Cette dernière, si elle était sans doute morte, n'en était pas moins contemporaine. Merci à Patrick Branger, dont on peut lire l'explication détaillée dans la partie "Votre avis" de la fiche.

Ammonhuître dévoilée...

Ammonhuître dévoilée

Merci à Nicolas Olivier pour cette photo d'une autre ammonhuître trouvée dans l'Oxfordien de Normandie. La présence des deux valves, la gauche en négatif d'ammonite et la droite en positif, accrédite l'explication finale.